La Multiplication De L'escroquerie Au Prêt

La Multiplication De L'escroquerie Au Prêt

Avec l'apparition des sites de financement participatif sur le territoire français, un vicieux schéma d'escroquerie s'est rependu en ligne via les sites communautaires et dans les mails : de fausses propositions de financements en ligne envoyés de façon rapide, sans apport, zéro garanties et par des personnes se présentant comme des investisseurs en recherche de placements. Nous parlons bien sûr d'une arnaque, mais l'abondance des annonces sur ces sites permet d'imaginer l'importance de la situation. Conséquence: un nombre important d'internautes se sont fait dérobés du fait de cette arnaque.

La logique de l'entonnoir

Appâter la victime avec une annonce de financement alléchante

L’escroquerie au crédit rapide est présentée sous la forme d'un synopsis avec plus ou moins de vraisemblance. Pour notre escroc, il s'agit d'une phase capitale car il sent que la réussite de sa tromperie est en grande partie conditionnée par la croyance ou non en son histoire. Pour appâter le plus grand nombre de victimes possibles, il fait écrire et met en ligne une fausse annonce sur des sites à forte fréquentation comme Twitter ou Facebook. Beaucoup de pages populaires ne modèrent pas les espaces de discussion visibles par tous les visiteurs, ce qui en fait un terrain privilégié des escrocs.

Concrètement, l'arnaqueur se présente en tant que personne disposant d'un héritage qu'elle souhaiterait faire fructifier en accordant des prêts avec un taux d'intérêt très faible. Quelques fois, il prend l'identité d'un retraité rentier désirant se passer du système bancaire traditionnel afin de transmettre l'image d'un homme noble visant à d'améliorer la société. Ce procédé suit une logique bien précise : jouer sur la détresse financière des gens fragiles en tentant de leur expliquer qu'un crédit est encore possible, même sans conditions de ressources. Il propose de leur accorder un emprunt, même s'ils sont déjà endettés. Une fois le dossier accepté, l'escroc promet de débloquer l'argent dans un délai record avec des durées de remboursement pouvant s'étaler jusqu'à plusieurs dizaines d'années.
S'il est clair pour la plupart des individus que des offres de ce type semblent peu probables, il est à noter toutefois que des personnes se trouvant financièrement au pied du mur peuvent se faire avoir à cause de cette illusion de emprunt rapide qui les aveugle.

Faire croire au sérieux de la démarche

Sur les réseaux sociaux, n'importe qui est capable d'inventer une identité avec un tant soit peu d'imagination. C'est de cette manière qu'agissent les escrocs au faux crédit qui créent intégralement un faux profil qui saura coller avec leur histoire. D'abord, ils s'efforcent à donner un nom et prénom qui sonne français à leur personnage. Exit donc Les escroqueries au crédit ŕ la consommation rapide prénoms exotiques qui pourraient faire fuir certaines personnes. La victime doit avoir le sentiment que le prêteur se situe aux alentours. Dans un scénario bien mené, le faux prêteur peut se transformer en une personne âgée ou fraîchement retraitée. Les plus malins vont jusqu'à demander des justificatifs de paie à sa future victime, d'autres exigent de répondre à des questions sur son travail. Pour être un un peu crédible, notre escroc prendra le soin de créer de multiples faux profils qu'il contrôlera pour mettre en ligne de faux avis qui viendront faire l'éloge de la proposition.

Donner suite à chacune des demandes

Dès que la cible est convaincue du sérieux de la démarche, l'escroc peut directement passer à l'étape suivante. Il confirme qu'il accepte son dossier de d'emprunt, mais demande le versement de certains frais par mandat avant de valider la procédure. Ces frais divers peuvent monter jusqu'à plusieurs centaines d'euros et servent à compenser le temps passé par le faux prêteur à étudier la demande. Ces frais sont, selon ses dires, indispensables pour débloquer l'argent. En cas de paiement, l'escroc lui ordonnera ensuite de verser une prime d'assurance de prêt obligatoire. Évidemment, la victime ne verra jamais son prêt arriver et notre faux prêteur encaissera l'argent avant de se volatiliser.


Comment se prémunir contre ces pratiques ?

Tout le monde en France n'est pas accrédité à octroyer un prêt et le crédit aux particuliers est une activité sous surveillance. Si un particulier ou une société fait de la vente de services financiers via le net, ce site doit obligatoirement afficher ses informations légales et les conditions générales. Pour obtenir le statut d'établissement de crédit, chaque organisme se doit de posséder un agrément de l'ACPR et d'une immatriculation au registre de l'ORIAS. Tout site de crédit entre particuliers doit impérativement afficher ces agréments, dans le cas contraire, il s'agit sans doute d'une tentative d'escroquerie.

De plus, il ne faut pas ignorer que les délais pour obtenir un crédit ne sont pas aussi rapides et qu'il faut compter environ une quinzaine de jours avant de recevoir l'argent sur son compte bancaire. Et même si un individu avait un capital à placer de cette manière, il ferait une profonde et sérieuse analyse de toutes les demandes avant de sélectionner les plus solides.
Pour finir, un prêteur n’octroierait en rien un quelconque prêt (personnel, renouvelable ou immobilier) à un individu qui est fiché à la Banque de France pour des impayés.